Retour page d'accueil Palais de la Porte Dorée Aquarium tropical - RMN

  

 


Le Récif Corallien de Nouvelle-Calédonie : Un trésor à sauvegarder !


 

L'écosystème corallien est considéré comme le plus diversifié, le plus complexe et le plus productif des écosystèmes marins.

Le corail constructeur

Le corail est formé d’un polype et d’une algue vivant en symbiose. Le polype est un animal primitif invertébré qui vit en colonies. Les zooxanthelles (algues unicellulaires) vivent dans la cavité gastrique du polype ainsi que dans les tentacules. La couleur de ces algues est responsable de la coloration des coraux. La période de reproduction est complètement variable d'une espèce à l'autre. On observe cependant, notamment sur la Grande Barrière de corail en Australie, une ponte massive à la première pleine lune de printemps.

Facteurs conditionnant le développement des récifs coralliens :

La température de l'eau doit être supérieure à 18-20°C et inférieure à 30 °C.
En cas de réchauffement anormal prolongé de la température de l'eau, il va y avoir rupture de l’association symbiotique et le corail va perdre sa pigmentation. C'est ce que l'on appelle : le blanchissement.
 
L' éclairement doit être suffisant pour la photosynthèse des algues symbiotiques.
 
La salinité est optimale à 35 ‰ . Par contre, les coraux ne supportent pas de fortes diminutions de la salinité.

C'est pourquoi les constructions coralliennes s'interrompent au niveau des estuaires et des passes lorsque celles ci correspondent aux anciennes embouchures de fleuves.

La turbidité  : les coraux sont étouffés par l'excès des dépôts de particules fines. Les coraux présents dans les fonds de baies et ceux du récif frangeant sont des espèces adaptées à la turbidité. C'est l'excès de sédiments qui est nocif.
 
L'immersion : une émersion supérieure à 3 heures est généralement fatale.

Les Récifs Coralliens

Localisation :
Situés dans la zone intertropicale, les récifs coralliens s'étendent sur 600 000 km²… Mais dans l'océan Pacifique, les récifs coralliens sont situés à l'ouest excepté l'archipel des Galápagos à l'est. Il est à noter qu'il n'y a pas de récif aux Marquises ni sur la côte du Pérou.
La plus impressionnante formation récifale est la Grande Barrière d'Australie au large de la côte du Queensland. Longue de 1 600 km et large de 200 à 1 800 m (largeur des platiers et des récifs externes), elle n'est toutefois que la deuxième plus grande barrière au monde. En effet, il a récemment été établi, que la barrière récifale de la Nouvelle-Calédonie est la plus longue (en continu). 

Formation du récif calédonien :
La Nouvelle-Calédonie s'est formée par un détachement de la plaque australienne. Pendant la dérive de celle ci, un récif corallien s'est alors formé. Le corail croît de quelques millimètres par an lorsque les conditions sont stables mais cela est très variable selon les espèces.

Les principales parties d'un récif barrière :
La pente externe est la partie la plus externe du récif, celle exposée à la haute mer.
Le platier récifal émerge couramment à marée basse.
La pente interne est caractérisée par une faible déclivité. La vie corallienne y est très active et la durée de vie des massifs est plus importante du fait de l'absence des houles destructrices du large.
Le lagon regroupe la partie située entre le récif frangeant et le la pente interne du récif barrière.

Le récif corallien : un écosystème aussi fragile que magnifique…

D'après le bilan de l'état de santé des récifs coralliens à travers le globe en 2002, il a été estimé que 58% des récifs sont menacés et 10% sont sévèrement dégradés ou détruits.

Les perturbations d'origine naturelle
Les cyclones et autres phénomènes atmosphériques : ils ont donc une action de destruction mécanique et diminuent fortement la salinité de l'eau et la turbidité. Mais ce sont des phénomènes naturels auxquels les coraux sont habitués.
 
Le réchauffement de l'eau de mer : une période de temps très calme en période chaude va avoir pour incidence d'augmenter la température de l'eau. En Nouvelle-Calédonie, en 1995, un phénomène de blanchissement inédit a été observé faisant suite à une augmentation anormale de la température de l'eau.
 
L'invasion de prédateurs des coraux : comme l’étoile de mer : Acanthaster planci. Souvent présentée comme le diable en personne pour le corail, elle se nourrit de polypes vivants. Mais les développements importants existent depuis des millénaires et cela bien avant l'Homme.

Les perturbations d'origine anthropique
La pêche : de nombreuses méthodes destructrices ont été mises au point pour optimiser la prise de poissons coralliens : la méthode du dynamitage et  l'utilisation de cyanure pour capturer les poissons récifaux destinés à des aquariums.
 
Les activités extractives utilisent le corail comme matériau de construction.
 
L'agriculture et l'exploitation minière augmentent, via les eaux de ruissellement, la quantité d’engrais, de pesticides et le défrichement à des fins agricoles (feux de brousse) ou pour l'extraction de minerai comme le nickel en Nouvelle-Calédonie accentuent le phénomène d'érosion et augmentent les apports terrigènes dans le lagon.
 
L'urbanisation apporte aussi son lot de dégradations. C'est au niveau du littoral de Nouméa que l'urbanisation pèse le plus sur le récif corallien de Nouvelle-Calédonie. De très importantes portions de mangroves et de récifs frangeants ont, en effet, été détruit depuis 1960.
 
La beauté des récifs coralliens est indispensable au développement du tourisme. Mais ceci est à double tranchant. En effet, depuis les installations pour l'accueil, le transport et jusqu'aux activités récréatives, l'afflux de quantités de touristes dégrade les récifs coralliens. Les promeneurs écrasent sous leurs pieds les coraux fragiles, les plongeurs les abîment avec leurs palmes, les ancres labourent les récifs tandis que les plus romantiques ou artistes prélèvent des organismes encore vivants pour le souvenir…
 
Le trafic maritime est important en Nouvelle-Calédonie en raison de l'exploitation minière. Les opérations de chargement et de déchargement du minerai constituent des risques de pollution avec le déversement accidentel d'hydrocarbures et de produits chimiques.

Enfin l'aquaculture en Nouvelle-Calédonie, particulièrement, la production de crevettes est importante et les eaux usées des fermes chargées en éléments nutritifs sont rejetées dans le lagon et pourraient affecter les récifs.

 

Etat du récif corallien de Nouvelle-Calédonie

Les récifs coralliens sont considérés comme « florissants ; le littoral et le milieu marin ne sont affectés qu'aux abords de Nouméa, où les récifs frangeants et les mangroves régressent, et aux embouchures des rivières polluées par les extractions minières ».

Protection et restauration des récifs coralliens endommagés

La première chose à faire dans l'optique de protéger et de restaurer un écosystème corallien, c'est de stopper les causes de dégradation aussi bien sur la terre que sur les récifs eux-mêmes. Afin d'aider le récif à se reconstituer, différentes méthodes sont utilisées dont la restauration.

Les différentes techniques de restauration du récif
Restauration physique
: Elle consiste à mettre en place des structures naturelles ou artificielles (pneus, épaves, structures métalliques ou béton…). Au fil du temps, le corail va se développer dessus, et c'est tout un écosystème qui va coloniser ce nouveau fond rempli de recoins. La Nouvelle-Calédonie possède quelques épaves dont certaines ont été coulées volontairement afin de fournir aux plongeurs de nouveaux sites de plongées. Cela permet de canaliser le tourisme dans un endroit où ses effets seront moins importants.
Restauration biologique : plus délicate que la précédente, elle fait intervenir la manipulation d'espèces vivantes du milieu récifal (coraux, poissons, algues, oursins…).
Mais rappelons que la meilleure façon est d'arrêter les nuisances. La nature saura rebâtir mieux que quiconque...

Un moyen de protection suggéré en Nouvelle-Calédonie : l'inscription au Patrimoine Mondial de l'UNESCO
L'inscription au patrimoine mondial apporte uniquement un label international visant à montrer au monde entier la beauté et la valeur d'un site mais aussi l'importance de le protéger.
Le dossier de demande d'inscription déposé le 1 er février 2002 a été rejeté par l'UNESCO. En effet, celui-ci manquait d'une description précise du bien à inscrire ainsi que d'un plan de gestion détaillé. Il semblerait aussi que la procédure n'avait pas été respectée puisque la demande n'était pas faite par les personnes en charge.

Les arguments favorables à l'inscription
Un trésor à protéger : certes, l'état du récif est excellent, bien que l'on constate déjà des transformations anthropiques à Nouméa. Il serait donc plus judicieux de ne plus commencer à se préoccuper des écosystèmes lorsque la situation est déjà grave. « Mieux vaut prévenir que guérir ».
Le tourisme au secours de la Nouvelle-Calédonie ?  Cela développerait donc le secteur du tourisme sur l'île. L'économie du pays, basée pour le moment sur l'exploitation du nickel, pourrait se diversifier et se stabiliser.

Les arguments défavorables à l'inscription
L'écosystème le moins menacé de Nouvelle-Calédonie : en effet, considéré par les organismes compétents comme en bonne santé, il semble plus urgent de protéger des richesses hautement plus affectées en Nouvelle-Calédonie telle la mangrove largement menacée par le développement urbain et indispensable au paysage calédonien ou encore la forêt sèche. Seul le littoral de Nouméa serait donc préoccupant.
Un plan de gestion de Titan : Les organismes de gestion des aires marines protégées se considèrent déjà submergés. En effet, une grande quantité de réserves a été mise en place mais seuls deux bateaux (bientôt trois) en assurent la surveillance.
Le problème de la pêche : L'inscription au Patrimoine Mondial interdirait la pêche traditionnelle.
La pression touristique : La Nouvelle-Calédonie n'est pour l'instant pas une destination touristique prioritaire (coût élevé de la vie, le prix du billet d'avion…). Il ne faut pas oublier que le tourisme s'accompagne de logements, de moyens de transports etc… qui ne sont pas encore présents sur l'île. C'est pourquoi le tourisme apparaît pour certains comme étant très destructeur. On peut en arriver même à se demander si certains sites ne seraient pas mieux protégés tout simplement en tombant dans l'oubli…
 
Conclusion :
L'inscription du récif calédonien reste donc un débat bien ouvert. L'important est de garder un objectif en tête : protéger le récif. Une issue pourrait résider dans une des failles du dossier de demande d'inscription à savoir la délimitation précise du récif à inscrire. En effet, ce qui semblerait mettre d'accord la majorité des acteurs serait l'inscription du récif situé au niveau de Nouméa ou bien au niveau de ce qui est appelé « la Côte Oubliée », côte restée encore assez sauvage puisque dépourvue de route…

Plus d'informations sur le site Caléfragile.


 © Palais de la Porte Dorée Aquarium tropical - RMN

Navigation Cartes postales Plan du site Informations Actualités L'Aquarium Découverte du palais Retour à la page d'accueil