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L’Archipel des Bijagos est l’unique archipel deltaïque de la côte Atlantique Africaine, composé de 80 îles qui s’étendent sur près de 10 000 km2 au large de la Guinée Bissau. Il est constitué de vastes bancs de sables, vasières, mangroves, palmeraies et savanes abritant des ressources naturelles abondantes et diverses. Aujourd’hui, près de 25 000 habitants peuplent l’archipel, appartenant pour la grande majorité à l’ethnie bijago. Le système de production bijago est basé sur une exploitation extensive et diversifiée des ressources naturelles à des fins de subsistance. Si seule une vingtaine d’îles est habitée en permanence, c’est l’ensemble de l’archipel qui est exploité, selon des règles traditionnelles de gestion de l’espace, du temps et des ressources. Le riz pluvial est la base de l’alimentation. Il est cultivé sous les palmeraies, qui produisent également l’huile et le vin de palme. Les protéines animales proviennent de coquillages collectés par les femmes sur les vasières, d’un petit élevage de poissons, pêchés à l’épervier ou piégés à l’aide d’ingénieuses structures en osier ou en pierre qui le retiennent à marée basse. L’économie se caractérise par son degré élevé d’autarcie, les Bijagos ayant vécu jusqu’à nos jours sans aide extérieure significative. Cette ethnie se distingue par sa dimension culturelle et animiste très marquée, qui a conduit à la sacralisation de certains sites (bras de mer, caps ou îles) utilisés à des fins de cérémonies et d’initiations. Ce statut sacré, préfigurant le concept d’aire protégée, a contribué à préserver un environnement sain et productif ainsi qu’une riche biodiversité, dont des espèces emblématiques, telles que les poissons scies, les tortues marines, les lamantins ou encore les hippopotames, occupent une place significative dans la cosmogonie bijago. Consacrant le lien entre la richesse culturelle et patrimoine naturelle, l’archipel des Bijagos a été classé en Réserve de Biosphère par l’UNESCO en 1996. |
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Campement sur le littoral © Hellio - Van Ingen |
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Un archipel convoité
Depuis quelques dizaines d’années de nombreuses influences extérieurs sont venues troubler cet équilibre séculaire. L’archipel, autrefois fermé sur son propre mystère, est aujourd’hui la proie de maintes convoitises. Ses ressources bien préservées attirent les pêcheurs industriels d’Europe, d’Asie ou de Chine, qui parfois s’introduisent illégalement dans ses eaux. Les pirogues artisanales des pays voisins, aux ressources halieutiques surexploitées, viennent y pêcher des espèces vulnérables telles que le requins dont les ailerons sont prisés sur les marchés asiatiques. Les paysages harmonieux et sauvages et l’archipel correspondent aux critères de certains promoteurs touristiques, parfois peu respectueux des équilibres de l’environnement et de la société traditionnelle. Le commerce international encourage la monétarisation progressive de l’économie bijago; celle-ci se tourne peu à peu vers des cultures de rente telles que le cajou, qui se substitue par endroits aux palmerais et aux espaces en jachère. A l’horizon se profilent des risques autrement plus menaçants tels que l’exploitation pétrolière offshore et les chantiers de démantèlement de vieux navires, avec leurs cortèges de pollutions et de misères sociales. |
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Assemblée des îles d'Urok © Hellio - Van Ingen |
Pour aborder ces nouvelles perspectives tout en protégeant les bases sociales, culturelles et environnementales qui fondent l’équilibre de l’archipel, deux parcs nationaux ont été crées en 2000 pour protéger certaines zones centrales de la Réserves de Biosphère et des partenariats ont été mis en place dans le cadre de la Réserve de Biosphère. L’institut National d’Etudes et de Recherches – INEP, le Cabinet de Planification Côtière – GPC et des ONG nationales et internationales telles que Tiniguena, l’Union Mondiale pour la nature – UICN et la Fondation internationales du Banc d’Arguin – FIBA se sont regroupés au sein d’une coalition qui s’investit dans le développement communautaire, la conservations, a recherche scientifique et l’éducation avec l’appui de bailleurs de fonds (Pays-Bas, Suisse et Fondation MAVA notamment). Fédérés dans le cadre du Programme Régional de Conservation de la Zone Côtière et Marine d’Afrique de l’ouest – PRCM, ces Institutions vous présentent aujourd’hui une exposition sur l’Archipel des Bijagos et soutiennent sa candidature pour obtenir le classement du Site du Patrimoine Naturel et Culturel Mondial, sous l’égide de l’UNESCO.
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Un bijago aide des tortues vertes nouvellement écloses à regagner la mer © Hellio - Van Ingen |
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L’Archipel des Bijagos, un patrimoine à préserver.
Le fond sonore original a été crée pour l'occasion par le compositeur Jean-Pascal Vielfaure (www.lerner-vielfaure.com), sur la base de musiques et de chants traditionnels enregistrés par Danielle Gallois-Duquette, en 1976.
Les posters ont été réalisés avec l'aide de l'IRD et du MNHN. |
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© Palais de la Porte Dorée Aquarium tropical - RMN
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