Retour page d'accueil Palais de la Porte Dorée Aquarium tropical - RMN

  

 

Le Palais de la Porte Dorée reste ouvert au public : le hall d'honneur, les salons Lyautey et Reynaud ainsi que la Salle des fêtes sont accessibles aux visiteurs.

 


Le bâtiment
 

Le musée permanent des colonies a été construit en 1931 dans le cadre de l’exposition coloniale internationale. Seul bâtiment destiné à perdurer après la fermeture de cette manifestation, l’édifice fut conçu comme un instrument de propagation de l’œuvre coloniale auprès du grand public, tant par son organisation architecturale, fondée sur l’apparat et sur la représentation, que par son programme iconographique et muséologique .

Mais le musée des colonies permit également aux meilleurs représentants de l’art déco de s’exprimer, tels les créateurs de mobilier Ruhlmann et Printz.

Cette volonté de faste incita de nombreux journalistes et visiteurs à dénommer l’édifice “palais des colonies”.

Aucun ouvrage n’ayant été consacré en totalité à ce bâtiment,  la parution à la fin de l'année 2002,  d’un livre d’art édité par la Réunion des musées nationaux et réunissant les contributions d’auteurs spécialisés dans chaque domaine concerné, est venu combler cette lacune.

Cet ouvrage permet ainsi de resituer l’édifice dans le contexte idéologique de l’exposition coloniale de 1931, de présenter son architecture et ses nombreux décors, enfin de retracer les avatars d’un musée à travers l’histoire de ses collections.

Le bâtiment qui abrita en 1931 le "musée permanent des colonies" est un exceptionnel témoin de la floraison Art déco qui suivit la grande exposition de Paris en 1925 et dont il reste aujourd'hui si peu de traces aussi imposantes et homogènes. Rompant avec l'exotisme facile des minarets auquel semblaient voués les pavillons d'exposition des colonies depuis la fin du XIXème siècle, l'architecte Albert Laprade proposa au maréchal Lyautey, commissaire général de l'Exposition coloniale, un plan qui "faisait l'union des anciens et des modernes" en empruntant à l'Esprit nouveau par sa ligne rigoureuse, tout en manifestant un souci de "grandeur". Il dessina un bâtiment avec de discrets emprunts aux architectures traditionnelles des colonies et conçut un plan centré sur une haute et vaste salle carrée, autour de laquelle s'ordonnent des galeries d'élévations différentes.

Laprade a cherché à servir la cause coloniale, par des créations qui parfois arrivent à la transcender, en alliant matériaux modernes et bon marché (comme le béton armé dont l'emploi généralisé est encore une exception dans les années 1920 et le grès cérame), aux matières les plus recherchées, comme les bois exotiques, en combinant techniques anciennes (ferronnerie, mosaïque) et motifs d'inspiration ethnique.

 

 


Le bas-relief
 

Le bas-relief

Le sculpteur Alfred Janniot (1889-1962), à qui avait été confiée la réalisation de décors pour le paquebot Ile-de-France en 1927, proposa un bas-relief de 1100m2 qui habillait de pierre du Poitou la froideur du béton armé. Autour d'une figure de l'abondance et des grands ports maritimes et aériens de la France, l'Afrique, Madagascar et les Antilles à gauche, l'Asie et l'Océanie à droite produisent et apportent à la mère patrie les richesses de leur sol et de leur sous-sol.

 


La salle centrale
 

La salle centrale

La majestueuse salle centrale fut conçue par Laprade au coeur du musée pour recevoir les fastes des réceptions qui ponctuèrent l'Exposition coloniale de 1931. Sans doute inspirée par les patios de l'architecture hispano-mauresque, elle constitue le centre autour duquel sont distribuées les galeries d'exposition.

Sur plus de 600m2, la fresque fut peinte en moins de neuf mois par Ducos de la Haille et ses élèves de l'Ecole des beaux-arts. Les représentations qui se répondent de façon symétrique produisent une véritable unité de discours : sur l'idée des échanges entre la métropole et ses colonies, le bas-relief de la façade consacré aux apports matériels des colonies à la France a pour pendant les apports moraux et politiques de la mère-patrie à son Empire : l'hommage de la France aux cinq continents, l'art, la paix, le travail, le commerce, les grandes découvertes européennes, l'industrie, la liberté, la justice, la science.

Le sol de la salle est entièrement recouvert d'une mosaïque en grès cérame et carreaux de verre doré. Les établissements Gentil et Bourdet ont, conformément au voeu de Laprade, traité une iconographie qui emprunte aux civilisations orientales et africaines : la svastika solaire, la croix à deux branches potencées du masque kanaga des Dogon, le cercle de feu de Vishnu, la palmette.

Un plafond en gradins diffuse un éclairage zénithal.

 


Le salon de l'Asie
 

Les salons ovales

Les deux salons ovales, de part et d'autre du hall d'entrée, l'un pour l'Afrique, l'autre pour l'Asie, symbolisent la contribution intellectuelle et artistique de ces continents à la civilisation européenne.

La décoration murale du salon de l'Asie qui renvoie aux religions orientales, est d'André et Ivanna Lemaître. L'ameublement d'Eugène Printz a recours au bois de palmier patawa. Ce salon servit de lieu de réception au maréchal Lyautey pendant l'Exposition coloniale.

Le salon de l'Afrique qui accueillit les réceptions données par le ministre des Colonies Paul Reynaud, est décoré de fresques de Louis Bouquet sur le thème des apports artistiques et intellectuels de l'Afrique à la France. Le mobilier d'Emile-Jacques Ruhlman est conçu dans une grande unité : les chaises à trois pieds, les célèbres fauteuils "éléphant", le bureau habillé d'ébène macassar, de galuchat et d'ivoire répondent au parquet en marqueterie de citronnier et d'ébène et aux boiseries des portes.

 


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